Voici un texte écrit par l’abbé Georges Bonnet pour présenter les travaux de Dominique Kaeppelin lors de l’exposition inaugurale du Conseil Général du Puy en Velay :
« Dominique Kaeppelin affronte le bois, la pierre, le métal, pour faire naître en ces matières opaques et dures des œuvres tout à la fois sereines et puissantes. La ligne n’est jamais rigide ni forcée, elle s’organise en courbes qui se répondent , frémissantes de vies. Souvent, une douce polychromie ajoute à l’élégance des formes ; parfois quelques touches plus vives donnent un éclat paisible et fort.
S’il fallait exprimer l’esprit de ces œuvres en quelques mots, on dirait : vie, lumière, joie. Non pas dans un habile et facile mélange, mais dans un rassemblement vigoureux de ce qui fait notre espoir et motive nos actions.
Ce qui frappe dans le style de Dominique Kaeppelin c’est une grande habileté sans tapage ni ostentation, une poésie aimable et fervente, une conviction.
Certaines sculptures, tout spécialement en art religieux, sont de grande taille. Imposantes, elles ne s’imposent pas, demeurant toutes proches de nos attentes et de nos cheminements. Elles impressionnent par leur vérité, sans effets, ni procédé, sans grandiloquence. On comprend que leur auteur ait été appelé à travailler pour de nombreuses églises en France et à l’étranger. Les bénéficiaires disent partout leur bonheur.
Dominique Kaeppelin sait également s’exprimer par la peinture et la gravure. Il a réalisé en ces domaines des œuvres délicates et secrètes, des burins vifs et vibrants. Ce ne sont pas là des à-côtés mais des harmoniques, un moyen différent de servir à la beauté.
Les sculptures présentées en cette exposition offrent un aspect du talent de Dominique Kaeppelin, avec l’expression de l’harmonie des corps, magnifiée, idéalisée. Un univers purifié de ses manques et de ses limites nous est proposé : évocation de l’âge d’or ou prémonition d’un Royaume à venir ? Profanes, ces figures sont du même monde que les statues réalisées pour nos églises. Faites de la même matière, elles expriment autrement la grâce et la beauté. Mais distinction n’est pas séparation. Elles affirment la grandeur de l’homme pour qui la création a été voulue, la dignité de la nature humaine que Dieu, en son Christ, a volontairement assumée. Il s’agit de la même humanité et de la même intention de dire vraiment ce qu’il en est de notre condition. »